Monika Griefahn, Mitglied des Deutschen Bundestages a. D.

Archiv

Auf dieser Internetseite finden Sie Informationen über meine Arbeit als Bundestagsabgeordnete (1998 bis Oktober 2009)

Archives

On this website you find information about my work as member of parliament (1998 - Oct. 2009)

Curriculum Vitae english Curriculum Vitae français Curriculum Vitae spanish Curriculum Vitae russian Curriculum Vitae chinese

    01.09.2007

    Intervention loccasion de l'Universit d't de La Rochelle du Parti Socialiste

    Atelier no. 19 : «Stratgies de conqute majoritaire chez nos camarades du PSE»


    ++ seul le texte prononcé fait foi ++

    Chers camarades,
    Chers amis,

    J'ai accept avec grand plaisir linvitation assister cette table ronde et je me rjouis de pouvoir vous saluer si nombreux. La forte participation notre dbat sur « Les Socialistes en Europe et les Elections » montre le grand intrt que nous tous apportons ce sujet et cela indpendamment de notre pays. Comme nous le savons, le parti socialiste franais se trouve, aprs les lections prsidentielles et lgislatives de cette anne, dans une phase de rorientation et de restructuration. Et pour cela, j'aimerais au pralable adresser quelques paroles mes camarades franaises et franais.

    Au nom des sociaux-dmocrates allemands, je vous souhaite beaucoup de succs et beaucoup de courage pour les mois venir ! Une fois de plus, vous faites preuve d'une grande volont de dialoguer, de discuter et d'voluer de nouveaux concepts pour assurer l'avenir de votre parti. Je vous en flicite! Vous tous reprsentez un parti qui se dfinit par sa diversit d'opinions et par sa diversit de militants et vous devez en tre fiers ! C'est un atot ! Gardez-le et soyez -srs que vous pouvez toujours compter sur notre soutien !

    Le parti socialiste franais est loin d'tre le seul parti de gauche en Europe qui, au dbut du 21me sicle, se trouve la croise des chemins. J'ai l'impression que nous, les socialistes et les sociaux-dmocrates d'Europe, devons tous faire face un paysage politique beaucoup plus diffrent celui il y a 20 ans. Et c'est pourquoi il nous faut une rorientation de nos partis, une redfinition de nos programmes. En octobre, le congrs de mon parti aura lieu Hambourg. Et je vous dis que ce congrs sera dcisif pour l'avenir du SPD et de sa future orientation politique, surtout dans les domaines de la politique sociale et de la politique trangre.

    On m'avait demand de faire un petit expos sur la situation du SPD avant et aprs les lections anticipes de 2005 en Allemagne ainsi que sur la situation actuelle des sociaux-dmocrates allemands dans la coalition avec les chrtiens-dmocrates. Et c'est avec grand plaisir que je le fais.

    L'anne 2005 tait une anne bouleversante pour le SPD. Et j'admets de vous dire que j'ai un peu de nostalgie du moment o la coalition entre le SPD et les Verts rgnait l'Allemagne. Comme vous le savez, le chancelier de l'poque, Gerhard Schrder, a annonc en mai 2005 des lections anticipes pour septembre 2005. La date prvue selon le calendrier lgislatif aurait t automne 2006. La raison principale pour cette dcision tait le rsultat du scrutin dans le Land de la Rhnanie-du-Nord-Westphalie, connue comme bastion du SPD. Mais les rsultats des lections dans ce Land, qui est d'ailleurs la rgion allemande la plus peuple avec 18 millions d'habitants, y ont mis fin une longue priode de 39 ans de gouvernement SPD. Donc, l'exception de trois Lnder et la « ville-tat » de Brme, seul le Bund - la Fdration - restait aux mains de la coalition fdrale entre le SPD et les Verts. Pour nous, c'tait vident : Dans les lections en Rhnanie-du-Nord-Westphalie, c'tait clairement le gouvernement Schrder qui a t vis et pas la politique du gouvernement rgional ! Il faut savoir qu'auparavant, la coalition rouge-verte avait adopt des rformes sociales connues sous le nom de « Hartz IV » et l' « Agenda 2010 ». Ces rformes ont dclench un toll au sein de la population allemande, suivi par de nombreuses manifestations. Mais il faut aussi dire que ces rformes taient incontournables et invitables afin de moderniser le systme social allemand et, tout simplement, afin de le garder sous la forme connue. Gerhard Schrder a donc pris la dcision d'annoncer des lections anticipes parce qu'il n'tait plus sr d'avoir la confiance ni du peuple ni de son parti. Gerhard Schrder a souvent t critiqu pour avoir opt « la fuite en avant ». Pourtant, il ne faut pas oublier qu'en annonant des lections anticipes, Gerhard Schrder voulait crer une majorit gouvernementale stable. En mme temps, c'tait aussi la question de sauver l'unit du SPD comme les rformes sociales taient galement trs controverses dans les rangs de notre parti. Et pour cela, il faut lui en remercier, je trouve !

    Les rsultats des lections anticipes de septembre 2005 ne nous ont pas laiss le choix : Le compromis de fonder une coalition avec la CDU/CSU tait la seule possibilit de crer un gouvernement fdral qui reprsenterait au plus tt la volont des lecteurs. Pour le SPD, c'tait clair : La participation politique est toujours mieux que rester dans l'opposition. Donc, nous n'avons pas exclu l'ventualit de former une coalition avec la CDU/CSU.

    Laissez-moi attirer votre attention sur le fait qu'Angela Merkel et la CDU/CSU taient donnes largement favorites par les instituts de sondage. Et le soir des lections, voil que le contraire s'est produit ! Ce n'tait mme pas 1% qui sparait le SPD de la CDU ! Le chtiment lectoral du SPD ne s'est fait pas sentir dans la mesure que la droite l'avait voqu avant les lections. Les rsultats ont mme indiqu dans l'ensemble un net mouvement gauche de la population. Plus de 50% des lecteurs ont vot pour le SPD, les Verts ou le Parti de la gauche contre 45% pour la CDU/CSU et les libraux du FDP. Jusqu' aujourd'hui, ce mouvement gauche persiste. Et les questions sociales, qui avaient domin la campagne lectorale de 2005, sont toujours au centre d'intrt. Dans la Grande Coalition, elles restent les sujets les plus controverss. Le dbat actuel autour de la mise en place du SMIC en est un exemple modle !

    Personnellement, je considre la coalition avec la CDU/CSU comme un « mariage de convenance ». Mme si nous sommes arrivs faire un travail remarquable sur la base des compromis (politique familiale et l'amnagement du systme de garde d'enfants), les divergences d'opinions persistent entre le SPD et la CDU/CSU dans divers domaines. C'est en particulier sur le plan social, en particulier dans le domaine des droits des employs, o se trouvent les enjeux de la coopration avec la CDU/CSU. Jusqu' prsent, nous n'avons pas encore pu trouver des rponses communes des problmes urgents tels que la mise en place d'un salaire minimum gnral, la privatisation de la Deutsche Bahn ou la mise en pratique des accords du G8 sur le climat, pour vous en citer quelques uns.

    Nos critiques nous reprochent d'avoir trahi nos idaux sociaux-dmocrates et de mener une politique « socialement non quilibr ». Malheureusement, il faut le dire, on impute la responsabilit des mesures impopulaires prises (la retraite 67 ans, l'augmentation de la TVA de 16% 19%, le resserrement des rglements d'allocations-chmage) majoritairement au SPD. Et c'est l, o est notre problme. Le parti de la CDU/CSU tente de vendre ses salades en se prsentant comme la voix de la modernit et du renouveau du pays tandis que le SPD est accus de cder aux revendications de la droite. Croyez-le-moi, la collaboration entre le SPD et la CDU/CSU n'est pas facile. Et le fait qu'il y a des divergences idologiques non ngligeables entre les deux partis ne facilite pas les choses (p. ex. politique familiale, discussion autour du salaire parentale « Elterngeld », stratgies dans la lutte contre l'extrme-droite).

    Au SPD, il ne lui faut pas forcment une redfinition de son profil social, mais il faut absolument qu'il trouve une rponse aux questions suivantes: Comment arriverons-nous mieux communiquer nos propositions au public ? Comment pouvons-nous nous faire mieux entendre en concurrence avec les partis de la droite et de l'extrme gauche qui se servent davantage de nos domaines politiques traditionnels ? Il y a une partie non ngligeable des militants SPD et de notre lectorat qui est due par notre politique et qui, en consquence, prennent de plus en plus de distance avec les sociaux-dmocrates.

    C'est principalement le parti de l'extrme gauche DIE LINKE qui tente davantage de se prsenter comme une vraie alternative au SPD. Le parti DIE LINKE et son prsident, l'ancien social-dmocrate Oskar Lafontaine, essaient de faire croire aux gens que le SPD serait un « cheval de Troie », qui, cots de la CDU/CSU, mnerait une politique anti-sociale et anti-pacifiste. Les propositions faites par DIE LINKE sont irralistes car, tout simplement, trop chres. Pour vous donner un exemple : Si on adopte les propositions faites par l'extrme gauche, on devrait augmenter le budget public de 150 milliards d'euros par un. Mais d'o les prendre ? Notre budget annuel ne se limite qu' 260 milliards d'euros. Et mme DIE LINKE n'y a pas encore trouv une rponse. En mme temps, je crois que le SPD doit prendre la critique trs au srieux. Une partie de notre lectorat se sent perdue ou mme trahi. Il faut absolument que le SPD se penche sur ces critiques, couter encore plus les gens sur place afin de connatre les soucis des gens, et afin de ne pas s'loigner de ses principes sociaux. Nous voulons garder notre systme social, mais il faut trouver de nouvelles « recettes ». Nous ne pouvons pas fermer les yeux devant les impacts de la mondialisation. Il est important de sauver la structure solidaire entre les riches et les pauvres, entre les vieux et les jeunes de notre socit.

    Je suis sre que les problmes abords ne sont pas exclusifs au SPD. Dans nos pays d'origine, nous avons tous des dfis particuliers relever, j'en suis bien consciente. Je crois que les challenges, auxquels nous faisons face, se ressemblent d'une certaine manire. Pourquoi ne partageons-nous pas davantage nos expriences et nos propositions dans la mesure du possible et du souhaitable ? D'une telle manire, nous pourrions faire d'une pierre deux coups : faire voluer des ides dans le sens de nos valeurs et resserrer les liens entre nos partis afin de redonner une voix forte la gauche europenne. Et en consquence, je plaide pour la mise en place d'une vraie instance de communication entre nos partis.

    Je suis persuade que des initiatives telles que la dclaration commune du SPD allemand et du PS franais sur l'avenir de l'Europe, prsente en mai 2007, vont dans le bon sens. Nous tous aspirons une Europe sociale et forte, une puissance pacifique et efficace qui s'engage dans l'organisation sociale et cologique de la mondialisation, de l'organisation juste des relations commerciales internationale et de la lutte contre la pauvret. Je me suis donc pose la question pourquoi nous ne concrtisons pas davantage d'initiatives et de projets communs ? Il nous faut beaucoup plus de groupes de travail bi- et multilatraux, par exemple dans le domaine de la politique industrielle et conomique.

    Permettez- moi de conclure en insistant sur ces lments : D'une part, les partis socialistes et sociaux-dmocrates en Europe se voient confronts aux problmes particuliers leur pays, comme vous l'avez vu dans mon expos sur la situation actuelle du SPD. D'autre part, nous sommes tous la recherche des rponses des problmes pareils. A l'avenir, il faut faire avancer ENSEMBLE non seulement les partis socialistes et sociaux-dmocrates d'Europe, mais aussi le processus d'intgration europenne. Je suis tout fait consciente de la responsabilit que nous tous portons pour nos partis ET pour l'Europe. Je sais que c'est un challenge norme, mais moi, je veux bien la relever avec vous !

    Merci.